Chapelle du 17ème siècle.

Sur la route du col de La Chaudière le hameau Les Auberts – commune de Chastel Arnaud – est fier de sa petite chapelle. Elle porte le nom de Saint André, ce juif de Galilée, frère de l’apôtre Pierre.

Si nous n’avons pas la date exacte de sa construction, les archives nous livrent qu’elle aurait été détruite vers 1725. Jean Thomé, un noble de la commune de Saillans, en a fait reconstruire une, dont on peut supposer que ce fut à l’identique et au même emplacement.
Les cloches sont bénies en 1768 mais le curé exprime son mécontentement. Les archives départementales de la Drôme relatent cet épisode.

Après la Deuxième guerre mondiale les offices religieux s’y font beaucoup plus rares et la chapelle connaît alors un abandon progressif, menaçant même de s’écrouler.

En 1966, sous l’impulsion de Germain Murtin, alors maire de la commune et demeurant aux Auberts, la toiture est refaite et les murs consolidés. Elle reste cependant non fréquentée, hormis quelques pillards qui viennent la dévaliser. Le temps fait son œuvre, les frères André et Georges Caillet se mobilisant cependant pour monter régulièrement sur le toit afin d’y arracher les mauvaises herbes et changer les tuiles cassées.

Dans les années 1990 les habitants du hameau constatent avec amertume que la chapelle est délaissée et souhaitent qu’un minimum de travaux soient entrepris, notamment à l’intérieur, pour offrir un autre spectacle que celui de la désolation aux nombreux touristes qui poussent sa porte en période estivale. Paul Chairon est alors maire de la commune de Chastel Arnaud et lui aussi possède un bien immobilier dans le hameau. Un dossier se prépare mais les finances communales, comptant parmi les plus pauvres du département, ne peuvent supporter une telle dépense, estimée à une soixantaine de milliers de francs. Le conseil général de la Drôme intervient et la chapelle est à nouveau sauvée.

C’est alors que Christiane et Bernard Weisgerber et Claude Didier lancent l’idée de créer une association dont le but aurait notamment pour ambition de venir en soutien de la commune pour entretenir cette chapelle, comme l’église de Saint Moirans.
Ils lancent un appel pour que les communautés catholiques et protestantes se retrouvent aux Auberts le dimanche 10 juillet 1994, permettant à la cloche de retentir une nouvelle fois. Le matin, la chapelle s’est remplie de nombreux fidèles de la paroisse catholique de Saillans pour assister à un office célébré par le père Thézier. L’après-midi ils furent rejoints par les protestants pour une rencontre œcuménique animée par le pasteur Warnery et les pères Thézier, Brun et Dominique.
Le rendez-vous a été une belle réussite, tous les participants manifestant leur grande satisfaction de pouvoir se retrouver en ces lieux pleins de charme avec le silence propice à la réflexion.
Ce fut aussi l’occasion de présenter les bases de la future association, Les amis du patrimoine de Chastel Arnaud, qui est devenue aujourd’hui Patrimoine au Pays des Trois Becs, avec l’affirmation que, si cette chapelle reste bien d’abord un lieu de prière, il convient également de la faire vivre par des animations culturelles, seule solution pour lui éviter de tomber à nouveau dans l’oubli. A la demande du maire Paul Chairon, Martine Didier y fera une première exposition de peinture sur soie du 24 juillet au 15 août 1994.

Frise allégorique de la chapelle Saint-André

Entre Alpha et Omega se déploie une frise allégorique qui a pour thème le cycle des saisons et le temps qui passe. Leur évocation se traduit par une succession de thèmes floraux avec lesquels jouent toutes sortes d’animaux. L’ensemble peut être lu comme une bande dessinée ou une partition musicale.